Le début de l’année 2025 est difficile pour La Réunion. D’après le dernier rapport de l’IEDOM (Institut d’émission des départements d’outre-mer), l’économie de l’île subit un coup dur.
La cause principale : le cyclone Garance, qui a fortement perturbé l’activité.
Un moral en baisse chez les entreprises
L’indicateur du climat des affaires, qui mesure la confiance des chefs d’entreprise, chute à 89,2 points, bien en dessous de la moyenne habituelle (100). Cela signifie que les entreprises sont pessimistes sur la situation économique.
La moitié des patrons interrogés disent avoir été touchés par le cyclone Garance, notamment dans les régions Nord et Est. Les dégâts sont estimés à près de 380 millions d’euros, soit presque quatre fois plus que ceux causés par le cyclone Belal.
Une consommation toujours faible malgré une inflation modérée
Bonne nouvelle : les prix à La Réunion n’augmentent que légèrement (+1,4 % sur un an), ce qui reste raisonnable.
Mais cette faible inflation ne relance pas la consommation. Les ménages restent prudents, voire en difficulté. La preuve : le nombre de dossiers de surendettement augmente fortement (+15,6 %), et la circulation d’argent liquide baisse de 4 %.
Seul point positif : les ventes de voitures neuves et les importations de biens durables progressent un peu.
Le marché du travail en souffrance
Côté emploi, les nouvelles sont préoccupantes. Le nombre de demandeurs d’emploi augmente (+4,4 %) et les entreprises annoncent vouloir recruter moins cette année. Résultat : les perspectives d’embauche baissent de près de 8 %.
Les entreprises du commerce, de l’industrie et des services sont les plus touchées, avec une baisse d’activité et d’effectifs.
Un secteur du BTP plus résistant
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) fait figure d’exception. L’activité progresse légèrement, avec plus de logements commencés. Mais les permis de construire, eux, reculent encore, ce qui pourrait ralentir l’activité dans les prochains mois.
Tourisme et agriculture : des secteurs fragilisés
Le tourisme résiste un peu, avec une légère hausse du nombre de nuitées dans les hôtels. Mais 64 % des entreprises du secteur affirment avoir été impactées par le cyclone, entre reports et annulations de séjours.
L’agriculture et l’agroalimentaire connaissent aussi un ralentissement, avec moins d’abattages et une forte baisse des effectifs.
À l’international : une situation incertaine
Dans l’ensemble du monde, la situation reste incertaine. L’inflation recule doucement, mais des tensions commerciales, notamment entre les États-Unis et d’autres pays, pourraient freiner la reprise.
Dans l’océan Indien, Maurice s’en sort mieux avec une inflation basse (2,5 %), tandis que Madagascar fait face à des prix élevés (+8,4 %).
En résumé : l’économie réunionnaise démarre l’année 2025 en difficulté, fragilisée par le cyclone Garance, un moral en berne chez les entreprises, une consommation timide, et un marché du travail sous pression. Seuls quelques signes encourageants apparaissent dans le BTP et les échanges extérieurs


