L’espace Indopacifique, région stratégique essentielle à la prospérité mondiale, se caractérise aujourd’hui par une intensification notable des défis géopolitiques, économiques et environnementaux. La stratégie française dans cette région, actualisée pour 2025, s’inscrit dans une approche multidimensionnelle et partenariale, centrée sur la défense des intérêts souverains français et la promotion du développement durable.
Cette stratégie repose sur quatre axes majeurs :
- Renforcement des collectivités ultramarines : Les territoires ultramarins français tels que La Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française jouent un rôle central. Ils bénéficient d’une attention particulière visant à renforcer leur intégration régionale et leur résilience face aux menaces hybrides et climatiques. Un investissement conséquent de 13 milliards d’euros est prévu dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030 pour renforcer les dispositifs militaires et sécuritaires dans ces régions stratégiques.
- La Réunion, spécifiquement, joue un rôle moteur dans cette stratégie grâce à sa position géographique stratégique dans l’océan Indien. Elle accueille notamment l’Académie de l’océan Indien et la Plateforme d’intervention régionale de l’océan Indien de la Croix-Rouge (PIROI), et se positionne comme un hub régional en matière de connectivité aérienne et maritime. Par ailleurs, La Réunion est au cœur de plusieurs initiatives régionales visant à renforcer la coopération économique, scientifique et culturelle dans l’océan Indien, notamment à travers son université intégrée au réseau universitaire de l’Association des États riverains de l’océan Indien (IORA), et participe activement à la lutte contre les défis environnementaux, comme la pêche illégale et les catastrophes naturelles.
- Consolidation des partenariats de souveraineté : La France intensifie sa coopération en matière de sécurité, défense, économie et résilience climatique avec les pays de l’Indopacifique. Cela se concrétise par des initiatives comme le Centre Régional d’Études Maritimes au Sri Lanka, l’appui aux académies régionales (Académie de l’océan Indien à La Réunion et Académies du Pacifique en Nouvelle-Calédonie), et des partenariats énergétiques tels que l’Asean Power Grid.
- Soutien au multilatéralisme régional : La France soutient activement les organisations régionales telles que l’ASEAN et défend le respect du droit international, particulièrement en matière maritime. Elle multiplie ses engagements dans des formats mini-latéraux pour traiter des enjeux concrets et promouvoir une approche coopérative plutôt que confrontative.
- Contribution à la stratégie européenne pour l’Indopacifique : Acteur clé au sein de l’Union européenne, la France soutient la conclusion d’accords commerciaux ambitieux dans la région, participe aux missions européennes de sécurité maritime telles que ATALANTE, et appuie les initiatives européennes en matière de connectivité durable comme Global Gateway.
Dans un contexte marqué par une forte rivalité entre grandes puissances, notamment les États-Unis et la Chine, la France maintient une approche équilibrée, insistant sur l’autonomie stratégique et le dialogue exigeant avec Pékin, tout en renforçant ses coopérations avec des partenaires clés comme l’Inde, le Japon ou encore l’Australie.
Face aux enjeux environnementaux majeurs, la France accentue son soutien à la résilience climatique et à la protection de la biodiversité. L’Agence française de développement mobilise ainsi près de 13 milliards d’euros sur des projets visant à répondre aux défis climatiques et à protéger les écosystèmes régionaux.
La stratégie indopacifique de la France en 2025 illustre ainsi un engagement renforcé, combinant souveraineté, coopération régionale et développement durable, tout en répondant aux défis croissants de sécurité, économiques et environnementaux de cette zone essentielle à l’équilibre mondial.


